La voici, les voilà! Ne pouvant me décider, j’en soumet deux! C’est parce que chacune à leur façon, elles correspondent à l’univers de la biomécanique de Meyerhold. Une évoque l’esthétique épurée, la géométrisation, le dessin du corps dans un espace composé de lignes et non de couleurs, tandis que l’autre évoque davantage les thèmes qui sont à la base de la création de cette nouvelle forme de plastique. Commençons par la première, celle qui évoque davantage l’aspect esthétique d’une présentation de biomécanique.
J’attends vos votes dans les commentaires…
Première affiche
image:
Je voulais une affiche simple, assez épurée, à l’image de l’esthétique de l’avant-garde russe des années vingt. Meyerhold a été le chef de file du nouveau théâtre soviétique au lendemain de la révolution de 1917. Ami des artistes constructivistes tels que Lissitzky, Rodchenko et Popova, il s’est rebellé contre un théâtre surchargé de décor, psychologisant. La manifestation de cette révolte fut l’espace vide, la scénographie très épurée, la géométrie des corps en action passant ainsi au premier plan. Voilà pourquoi je me suis amusée à tamponner une vieille affiche russe de théâtre. Le tampon permet de déconstruire l’image, un peu comme la biomécanique a déconstruit l’image surfaite du théâtre naturaliste bourgeois. J’ai fait un layer enchainé et j’ai mis une couleur beige au fond pour adoucir cette image et harmoniser la superposition des calques en un fond plus ou moins homogène. Je voulais que le fantôme du «teatp»(théâtre en russe) déformé à l’arrière plan demeure subtil, pour favoriser la lisibilité de la caricature de Vsevolod Meyerhold au premier plan. Cela rappelle le nouvel ordre théâtral, celui du théâtre meyerholdien, dominant l’ancien, celui de Stanislavski. Le corps dominant le monde des mots, de la littérarure. J’ai trouvé la caricature du maître de la biomécanque et j’ai aimé l’expressivité du corps, ses lignes sinueuses et vigoureuses à la fois. Elles représentent bien la biomécanique et ses lois qui tournent autour d’une optimisation de la lisibilité d’un corps en mouvement. J’ai choisi une caricature pour l’aspect ludique qui «démythifie» le personnage de Meyerhold et qui renvoie aux origines de la biomécanique: le jeu grotesque et la commedia dell’arte. Les jeunes peuvent aussi plus facilement s’identifier au théâtre meyerholdien, embarquer dans le jeu.
Aussi, Meyerhold a dominé l’univers théâtral russe des années vingt : voilà pourquoi le saltimbanque piétine légèrement le mot «TEATP». La biomécanique n’aurait pas vu le jour sans les bouleversements économiques, politiques du début du XXe siècle, aussi, toute la plastique des études de biomécanique présentées lors du spectacle repose sur l’industrialisation, le soviétisme, l’athlétisme, le taylorisme et les machines. Voilà pourquoi j’ai représenté un Meyerhold au premier plan, tenant à bout de bras les trois ballons de la révolution : esthétique, théâtrale et politique. Les couleurs, le rouge et le noir, sont celles du communisme. À l’intérieur de la sphère rouge, j’ai inséré une figure issue d’une étude de biomécanique, dessinée par Meyerhold. Le rond rouge est issu d’une peinture de Lissitzky et les cercles noirs, d’une vieille affiche d’une pièce de Meyerhold.
Les hyperliens de la première affiche :
1- TEATP , 
2- caricature
3- rond rouge 
5- figure de biomécanique Si le lien est défectueux, je l’ai trouvée dans Google Images, en tapant «meyerhold»! 
Deuxième affiche
Cette deuxième tentative est un peu moins épurée. J’ai osé côté couleur, sans toutefois sortir du code rouge et noir. Ces deux couleurs, alliées du beige sont omniprésentes dans toutes les affiches russes des années vingt, ainsi que dans les peintures des artistes constructivistes. Pour celle-ci, j’avais envie de partir d’une photo de Rodchenko, un ami de Meyerhold et un artiste visuel qui jouait beaucoup sur la profondeur, les lignes d’après des décors réels et industriels de la Russie de son époque. Le «pont-échelle» domine donc l’affiche. Symbole de l’industrialisation du début du XXe siècle, il est aussi le lien entre la Russie des années vingt et le Québec des années 2000. Le théâtre nous relie et pas n’importe quel théâtre: celui du corps en action, celui des lignes, celui de l’acteur à travers l’espace, bref, celui de la biomécanique. Autre symbole de l’industrialisation, les engrenages caractérisent bien l’idéologie d’homme-machine d’après laquelle la biomécanique fut fondée. À l’intérieur du pont, il y a la lune d’argent, issue d’un décor original d’une pièce de Meyerhold, elle symbolise l’inspiration, puis il y a les étoiles disséminées à travers le «pont-échelle», qui symbolisent le communisme. Cette affiche expose au coin inférieur droit la place de l’acteur dans l’espace, d’après un schéma meyerholdien. J’ai ajouté une sphère autour du corps, pour le mettre en évidence, car à travers l’exécution des études de biomécanique, c’est vraiment l’acteur et son instrument, le corps, qui sont mis en lumière. Au coin supérieur gauche, j’ai placé la figure de biomécanique, répétée en écho derrière, de plus en plus pâle, puisque l’exécution se fait en groupe, à l’unisson. La figure repose sur un cube, une des formes de prédilection du constructivisme.
1-Le pont de Rodchenko
2- la lune
3- les engrenages
4- les étoiles 
5- les figures de biomécanique
6- l’homme dans la scéno 
7- le cercle autour de l’homme
8- le cube de Lissitzky
Voilà! Un coup de tampon par ci, un coup d’encre par là, un layer enchaîné ici et le tour est joué! Qui l’eût cru, je me suis amusée!





J’ai beaucoup le deuxième affiche ^^_b la composition et l’équilibre de l’image est géniale. Pourtant j’estime que la première affiche, comme outils de publicité, est plus efficace. Je t’engage illico pour mes futurs affiches. ; )
Andréane ! Sérieusement, on dirait que tu manipule photoshop depuis que tu es au berceau.J’adore la perspective avec l’échelle et l’ensemble des couleurs que tu as utilisé pour tes affiches. Félicitation
!
Wow! Tu as fait une recherche d’images intense! Sincèrement, j’aime les deux affiches que tu as faites(quelle maîtrise…!!!), peu importe laquelle, elle est bonne!
Superbe andréanne!
Moi qui croyais que tu avais beaucoup de difficultés avec Photoshop par ton regard désespéré lancé à Yannick à quelques reprises. Très épuré, le rouge est une couleur dominatrice dans tes affiches, tes bonhommes caricaturés ne sont pas trop visibles, ni illisibles, juste à la perfection!
B.R.A.V.O
Merci les filles, photoshop, ça a été un beau défi, ça fait du bien de l’avoir relevé!
Beau travail!
LA DEUXIÈME! les deux sont extras mais la deuxième est «aspirante»!
Joli
Moi j’aime beaucoup la première! La position précaire du personnage, le rond rouge qu’il tient…la police d’écriture est parfaite et ressort très bien du fond! Excellent travail! Tu m’impressionne!
Ah Andréane! Tant de génie dans une aussi petite fille! Ah non, je me trompe, tu es assez grande en fait…Et bien tant mieux, ça laisse de la place pour plus de génie, il faut bien l’entreposer quelque part.
Je vote pour la première affiche, elle est, comment dire…géniale!
Beau boulot!