Constructivisme?
Petite définition issue du Petit Robert 2006: «Mouvement artsitique tendant à substituer une plastique de plans et de lignes assemblés, à une plastique des masses. Constructivisme russe (1920)».
Mais qui étaient les constructivistes?
Comme tout courant artistique, il est difficile de déterminer une seule source d’origine:
*il y a le contexte socio-politique des années vingt en Russie alors que le pays vient tout juste de vivre sa grande Révolution et que souffle un vent d’utopie, de renouveau tant sur la vie du peuple que sur le paysage artistique;
*il y a l’influence du dadaïsme allemand, du futurisme italien, d’autres courants d’avant-garde des années vingt;
*il y a les bases du courants jetées par Vladimir Tatlin, fondées sur la valeur utilitaire, le rôle socio-politique de l’art;
*il y a le manifeste des frères Pevsner, Manifeste Réaliste, qui ont fait rayonner le courant en Amérique et en Europe occidentale et qui ont orienté leur démarche artistique vers la vie du peuple, la technologie et la science moderne, l’utilisation de matériau nouveaux, s’affranchissant d’un art affectif et personnel.
Les composantes élémentaires du constructivisme:
Il y a le rythme intrinsèque des objets, des êtres et des choses et ce qu’il a de particulier, d’unique et de révélateur, le rythme kinesthésique est aussi lié au temps, qui occupe une place prépondérante dans l’art constructiviste. Il y a la couleur en tant qu’accident,couleur à laquelle les peintres constructivistes renoncent, valeur non-profonde d’un objet, seules la forme, la ligne sont considérées comme donnée valable de l’apparence. Les valeurs descriptive, poétique, allégorique de l’art se trouvent donc rejetées. La profondeur issue des jeux de lignes est l’unique aspect de l’espace retenu comme supérieur et manifeste, on ne considère pas la masse ou le volume en sculpture. L’art ne doit pas être une escapade du monde présent, il doit y vivre à tous les instants, accompagner l’individu au travail, dans la rue, à la table, partout dans le monde réel, mettre fin au «délire», à la fuite de la vraie vie par la rêverie du romantisme.
Extrait audio d’une lecture du Manifeste Réaliste par un des frères Pevsner, le scuplteur Naum Gabo: lecture du Manifeste Réaliste.
La poésie constructiviste
Quelques noms, quelques oeuvres:
Il s’agit d’un poète russe incontournable. Il est le Pouchkine du XXe siècle russe. L’un des instigateurs du futurisme et du constructivisme en poésie, il exalte la patrie, l’état communiste, le peuple, l’ouvrier qui travaille avec coeur pour la communauté, le bonheur de la collectivistaion, la nouvelle utopie où le peuple, la patrie et l’état ne font qu’un.
«Je suis une usine soviétique à produire le bonheur.»
«Je voudrais qu’à la fin de la journée de travail, le comité ouvrier ferme mes lèvres comme on ferme une serrure…»
Quelques oeuvres de Maïakovski: Le nuage en Pantalon, La flûte des vertèbres, L’Homme. Chose, Le Prolétaire volant, La Guerre et le monde, À pleine voix, La Cinquième Internationale.
Les peintres et les photographes
Au niveau de l’art graphique, on peut dire que les peintres constructivistes, en délaissant la toile ou en s’intéressant davantage à la ligne, sont déjà dans le monde du design, de l’art fonctionnel, au service de l’indutsrie.
Les machines, la guerre, le peuple, le taylorisme et le sport
J’adore cette photo!
photos, peintures et collages de A. Rodtchenko
Under Socialist Soviet Republic, Lissitzky
Beat the Whites with the Red Wedge, El Lissitzky
Monument à la Troisème Internationale, de Vladimir Tatlin
Et que dire du théâtre…Meyerhold!
Meyerhold a créé un théâtre aux tendances constructivistes. Il faut dire aussi qu’il fréquentait les Mayakovsky, Popova, Rodchenko et les autres membres de l’avant-garde russe des années 20. La biomécanique, son training d’acteur, basé sur la taylorisation des mouvements et des interactions des acteurs, s’inscrit dans une esthétique proche des éléments constructivistes: le développement d’un nouveau langage, matériau dramatique fondé sur les lignes, les formes des corps en action, l’inspiration de l’industrialisation dans le découpage des gestes dans l’espace et le temps, les masses organisées, orchestrées et rythmées, les échaffaudages gigantesques, le rapport entre l’individu et la masse, l’aspect très concret du travail corporel, les rythmes qui révèlent la nature du personnage et le rapport d’un personnage à un autre.
Ici, tant dans les éléments de scénarisation, les décors, la mise en scène, les photos de ses spectacles témoignent de l’allégeance constructiviste de son théâtre à partir de 1917. Il a multiplié les collaborations avec les poètes, les artistes et les musiciens des milieux constructiviste et futuristes, tels que : Popova, Stepanovna, la femme de Rodchenko et Maïakovsky.
Le cocu magnanime, 1922, mise en scène de Meyerhold et décors de Popova
Tarelkin, mise en scène de Meyerhold et décors de Stepanovna
















Woowww!!! Mais que d’informations!!!!! Tu m’as l’air extrêmement avancée! Félicitation!
Ben, il faut dire que c’est un sujet qui m’intéressait déjà avant de faire le blogue, mais j’avoue que j’ai mis du temps et du plaisir à approfondir mes recherches. J’ai particulièrement trippé sur la lecture de Naum Gabo autour de son Manifeste réaliste. C’est fou les archives qu’on peut retrouver sur internet! Le volet constructivisme est encore en construction, je n’ai pas encore parlé de la sculpture, la musique et le théâtre… mais merci!
Oui, c’est vrai. Merci. Je vais le retirer de l’article. Je viens de faire une recherche sur le symbolisme russe et j’ai vu que Blok en fut une figure marquante. J’avais oublie de l’effacer de mon billet.